Comment restaurer la confiance entre les journalistes et leur public?

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Face à une rhétorique anti-presse qui monte en flèche et une crise de confiance de plus en plus importante envers les médias, Lisa Heyamoto et Todd Milbourn, deux conférenciers en journalisme à l’Université de l’Oregon aux Etats-Unis, ont lancé Le Projet 32%. Il s’agit d’un atelier qui permet d’explorer comment les citoyens définissent la confiance et comment les organisations de presse peuvent mieux la gagner. Voici quatre idées tirées de leurs explorations.

Ouvrir la boîte noire

Comment les journalistes décident-ils du choix des contenus ? Où se trouve la frontière entre le fait et l’opinion? Les annonceurs déterminent-ils ce que les journalistes traitent ? Si pour de nombreux journalistes, les réponses à ces questions peuvent sembler aller de soi, pour beaucoup de non-journalistes, elles sont un mystère. De nombreux participants à l’atelier ont déclaré qu’ils ne connaissaient que très peu la manière dont les informations sont produites, ce qui les rend sceptiques quant à ce qu’ils lisaient, entendaient et voyaient.

Si les médias d’information veulent gagner leur confiance, les citoyens ont déclaré qu’ils devaient prendre des mesures actives pour communiquer à la fois sur leur mission et leurs méthodes. Les participants ont déclaré que cela pouvait aller de la mise à disposition d’interviews non éditées à l’explication de termes journalistiques en passant par l’ouverture de salles de rédaction pour des visites publiques.

Créer une mission partagée

Les citoyens ont besoin de savoir qu’une publication partage explicitement les valeurs de la communauté et que tout le monde travaille ensemble pour atteindre un objectif commun. Les journalistes doivent considérer leur travail comme un service plus direct aux membres de la communauté et consacrer temps, argent et énergie à la construction de relations profondes et réciproques avec leurs lecteurs, leurs téléspectateurs et leurs auditeurs.

Sans un sentiment de mission commune, de nombreux participants ont déclaré qu’ils continueraient à considérer les médias d’information comme travaillant plus pour les annonceurs que pour le public.

Pas de diversité, pas de confiance

Dans tous les entretiens, les participants ont déclaré que leur vie ne se reflétait pas dans les nouvelles qu’ils consomment. Ils ont souligné que les personnes de couleur et celles vivant dans les zones rurales, par exemple, ne sont pas bien représentées dans les médias. Les salles de rédaction homogènes ont tendance à produire des histoires homogènes, disent-ils.

“C’est l’une des raisons pour lesquelles les ruraux et les petites villes font de moins en moins confiance aux médias”, a déclaré un participant d’un village de l’Etat de l’Illinois. “Quand ils voient la couverture de leur propre environnement, l’interprétation est mauvaise ou il leur manque vraiment un élément important de l’histoire. »

Insister sur le positif

L’une des plaintes les plus courantes est que les nouvelles étaient trop négatives. Et même si les récits sur la criminalité, les accidents de voiture et la corruption peuvent attirer l’attention du public, ils n’aident pas à gagner la confiance à long terme.

“Quand quelque chose de bien se passe dans mon quartier, je ne le vois pas”, a déclaré un activiste de Boston. « Mais si quelqu’un tire sur une personne, oh, première page. »

Les participants à la recherche ont déclaré qu’ils souhaitaient que les nouvelles reflètent plus fidèlement le sentiment positif général qu’ils éprouvent dans leur vie quotidienne. De nombreux participants ont plutôt souligné le besoin de plus d’histoires mettant l’accent sur la solution des problèmes plutôt que sur les problèmes seulement.
source : http://lemedialabo.francophonie.org

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